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Inclusivité

23 août 13h, 15h, 17h : Festival des Faubourgs

Humains, très humains, Marie-Claude Gendron et Hugo Nadeau, 2021


Avec Humains très très humains, Marie-Claude Gendron et Hugo Nadeau investissent trois lieux du quartier Centre-Sud pour une série de performances déambulatoires. Entre absurde et lucidité, leurs corps racontent l’ordinaire débordant, les élans empêchés, et les contradictions de l’humain. Chaque performance dure 30 minutes. Les actions sont imaginées dans l'esprit (et puisent librement leurs idées) des films du réalisateur Roy Andersson (Chanson du deuxième étage, Nous, les vivants, Un pigeon perché sur une branche philosophait sur l'existence, Pour l'éternité).

Ce duo complice performe ensemble depuis plus de 15 ans. À travers une écriture poétique et politique, ils explorent les failles du soi dans un monde saturé, entre philosophie, art performance et révolte douce.  

ÉVÉNEMENT :
Festival des Faubourgs
LIEU : Lieu de départ, débarcadère du Le Chat des artistes (2205 rue Parthenais, Montréal).
DATE : 23 août à partir de 13h.
HORAIRE : 13h Chat des artistes / 15h Stationnement JTI-Macdonald / 17h Pub Les Sportifs






31 janvier 17h: Performance à Trois-Rivières


Je présente en duo avec Sébastien Goyette Cournoyer, à l'Espace Pauline-Julien, la performance Portes ouvertes en ouverture de l'exposition de Sébastien Goyette-Cournoyer Conduite. Dans une ambiance de concessionnaire automobile, les artistes vous réservent une série d’interventions grandioses comme le dévoilement partiel d’une voiture ainsi qu’une présentation sur les liens insoupçonnés entre la virilité et les démarreurs à distance.

* Prenez note que les artistes acceptent exclusivement les dons en cryptomonnaie.

ÉVÉNEMENT :
Portes ouvertes
LIEU : Espace Pauline-Julien,  150, rue Fusey, Trois-Rivières (Québec), G8T 2V8
DATE :
31 janvier à partir de 17h


ÉGALEMENT : Exposition de Sébastien Goyette Cournoyer Conduite jusqu'au 25 mai 2025




17 mars 19h: Performance à Québec


Je présente à la Charpente des fauves une performance dans le cadre d'un événement de financement. Celui-ci vient en aide aux militant·e·s qui résistent à la construction de COP CITY qui menace la forêt d'Atlanta. L'action se veut la continuation "policière" d'une performance présentée à Montréal lors de l'événement EN ATTENDANT SA CHUTE III en septembre dernier!

ÉVÉNEMENT :
DÉFENDRE LA FORÊT D'ATLANTA : SOIRÉE DE FINANCEMENT
LIEU : Charpente des fauves, 206, rue Christophe-Colomb est, Québec (QC)
DATE : 17 mars 2023 à partir de 16h (performances à 19h)

ÉGALEMENT : Performances d'Alegría Gobeil, Arkadi Lavoie Lachapelle, discussions, bouffe,  exposition et DJ set.



29 sept. 18h30 : Performance à Montréal


Je présente une performance le 29 septembre à Montréal, dans mon ancienne coopérative. L'événement EN ATTENDANT SA CHUTE III, sous le thème habitat/habité, réunit 8 artistes de la performance et de la poésie, Sarah Chouinard-Poirier, Virginie Fauve, Mélanie Jannard, Hugo Nadeau, Stéphanie Nuckle, Alice Rivard, Yan St-Onge et Maude Veilleux.


ÉVÉNEMENT :
EN ATTENDANT SA CHUTE III
LIEU : Coopérative DE PAR ICI, 2057 rue Dézéry, Montréal.
DATE : 29 septembre 18h30.


9 sept. - 15 oct. : Hugo Nadeau 10 ans déjà à arprim


Cette stratégie de consolidation est la meilleure à adopter afin d'optimiser la portée de nos marques et de les amener encore plus loin.
Source : Le Devoir

Je présente au magasin d'arprim, centre d'essai en art imprimé, une première exposition célébrant mes dix années# de carrière. Celle-ci se concentre particulièrement sur une reprise non-autorisée du feu magazine MOI&cie de TVA publications. Zombification du périodique mettant en vedette Patrica Paquin, MOI&cie se veut une autohistoire engagée sur la mince ligne entre renommée et ridicule. On y apprend sa refermeture en même temps que sa réouverture sous un glaçage rutilant d'anecdotes de projets et de confidences non-solicitées.

ÉVÉNEMENT :
Hugo Nadeau 10 ans déjà
LIEU : arprim, 372, rue Sainte-Catherine O, # 426.
DATE : Du 9 septembre au 15 octobre.
VERNISSAGE : vendredi 9 septembre à 17h

ÉGALEMENT : Caroline Mauxion avec Céline Huyghebaert et Elise Anne LaPlante dans la salle principale.

# À titre indicatif seulement. La période utilisée et les années peuvent varier.

28 août 15h : RLAP (Rencontre Locale d'Art Performance)

Un pigeon perché sur une branche philosophait sur l'existence, Roy Anderson, 2014.

La vérité, de ce point de vue, pourrait être une variété de l'erreur.
Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Humain,_trop_humain


HUMAINS est une performance qui clôt un triptyque de performances en duo de Marie-Claude Gendron et Hugo Nadeau ayant débuté il y a dix ans. Suite aux performances DIEU et
DIEUX¶DEUX, performances aux titres égotiques, HUMAINS est une suite de courtes performances en duo présentées dans des espaces extérieurs de la ville de Québec. Les actions sont imaginées dans l'esprit (et puisent librement leurs idées) des films du réalisateur Roy Andersson (Chanson du deuxième étage, Nous, les vivants, Un pigeon perché sur une branche philosophait sur l'existence, Pour l'éternité).

ÉVÉNEMENT :
RLAP (Rencontre locale d'art performance)
LIEU : Lieu de départ, entrée du Parc de la Pointe-aux-lièvres.
DATE : 28 août à 15h.
PROGRAMME DE L'ÉVÉNEMENT : Télécharger.


8-12 février : Nous campions loin des endroits où la mort nous attendait au Mois Multi


Les Dieux jouent, mais l’homme, malheureusement, joue à des jeux.
Shiv Visvanathan


Les révolutions naissent sous terre. La partie ne se gagnera pas toute seule. Le capitalisme ne tiendra pas longtemps. Par la visite répétée d’un jeu vidéo, cinq groupuscules nous guident à travers autant d’histoires collectives sur la plateforme Twitch. De ses lieux de réunion nocturnes, Nous campions loin des endroits où la mort nous attendait est une tentative de composer la réalité, une prospection d’espaces entre le présent et la projection.

2197. Exit l’État. C’était le réchauffement, maintenant la vraie partie. C’était l'époque de la Prédation, maintenant ça ne l’est plus. Effaceuses et médecines. Internetistes et refugières. Dans le Mérique du Nord, un monde de perdu dix de retrouvés.

ÉVÉNEMENT :
Mois Multi
LIEU : Sur la plateforme Twitch (détails de connexion fournis par le festival)
DATE : Du 8 au 12 février (5 rendez-vous de minuit, sauf le premier soir à 21h)
AU PROGRAMME :

Autonomie - 8 février 21h. Invité.e.s : Antonio de Braga et Fred Lebrasseur
Sabbenay - 9 février minuit. Invité.e.s : Jérémie Aubry et Emma Gomez
No man's lands - 10 février minuit. Invité.e.s : Maude Arès et Danièle Simon
Complot - 11 février minuit. Invité.e.s : Benjamin J. Allard et Jacqueline van de Geer
Ex-bureaucratie - 12 février minuit. Invité.e.s : Dalie Giroux et Louis-Maxime Joly

Idéation et jeu vidéo: Hugo Nadeau, Musique et vidéo: Antonio de Braga, Conception sonore: Fred Lebrasseur, Invité.e.s: Jérémie Aubry, Maude Arès, Antonio de Braga, Dalie Giroux, Emma Gomez, Benjamin J. Allard, Louis-Maxime Joly, Fred Lebrasseur, Danièle Simon, Jacqueline van de Geer, Conseil artistique: Sarah Chouinard-Poirier, Photo: Hugo Nadeau, Monstre-ordinateur assemblé et fourni par: Jimmy Nadeau Résidences de création: Productions Recto-Verso

Nous remercions le Conseil des arts du Canada ainsi que le Conseil des arts et des lettres du Québec pour leur soutien.




20 oct : Mathieu Bock-de-l'autre-Côté

 

Pour la première d'un enchaînement de courtes résidences Pour toujours, mardi initiée par Folie/Culture, j'ai créé la personnalité médiatique libre de droits et chroniqueur.se Mathieu Bock-de-l'autre-Côté, pour qui un appel de textes a été lancé le mois dernier.

Dans les prochaines semaines, je m'appliquerai à communiquer largement ses publications, dans les rubriques d'opinion de certains médias ainsi qu'au quotidien bien connu Le Miroir, multi-projets fourre-tout et rejeton mimétique de la grande famille Québécart Média.

Le projet cherche à donner une voix à une communauté ouverte de volontaires et d'anonymes qui, ça mérite d'être clair, se font de Mathieu Bock-de-l'autre-Côté la définition qui leur plaît.

Un premier texte a déjà été produit par celui.celle-ci, FUCK LA SOUCHE, disponible sur le site de Folie/Culture.

ÉVÉNEMENT : Mathieu Bock-de-l'autre-Côté
LIEU : Quotidien Le Miroir et autres médias
DATE : À partir du 20 octobre 2020


24-30 mai : Nous campions loin des endroits où la mort nous attendait au OFFTA


Par des visites nocturnes de Nous Aurons, jeu vidéo sérieux que j'ai créé, je guide le spectateur à travers sept scénarios interactifs sur la plateforme Twitch. Nous campions loin des endroits où la mort nous attendait devient une tentative de composer avec la réalité, une exploration des espaces entre temps présents et imaginés. Participations vocales et textuelles bienvenues.

Assis seul à son ordinateur, un homme se perd dans son propre jeu vidéo. L’an 2197. Exit l’État. C’était le réchauffement, maintenant la vraie partie. C’était l’époque de la Prédation, maintenant ça ne l’est plus. Déserruriers et extrapolateurs. Le Mérique du Nord c’est le Mérique du Nord. Qu’est-ce qu’on en fait maintenant?

ÉVÉNEMENT : OFFTA
LIEU : Sur la plateforme Twitch (détails de connexion fournis par le festival)
DATE : Du 24 au 30 mai (7 rendez-vous de minuit)

Idéation et jeu vidéo: Hugo Nadeau, Musique et vidéo: Antonio de Braga, Conception sonore: Fred Lebrasseur, Voix: Jérémie Aubry + Emma Gomez + Jacqueline van de Geer + invités surprise, Conseillères artistique: Sarah Chouinard-Poirier + Dalie Giroux, Photo: Hugo Nadeau, Vidéo: bande-annonce Jean-François Dugas, Monstre-ordinateur assemblé et fourni par: Jimmy Nadeau Résidences de création: Productions Recto-Verso




9, 15 mars + 13 avril : 3 chroniques à Radio atelier


Avec Jérémie Aubry, Emma Gomez, Jacqueline van de Geer et Benjamin J. Allard, je présente une série de 3 chroniques narratives en format audio, Les mains vides, présentées lors de trois émissions à Radio atelier (CIBL). Ces scénarios s'inspirent du roman-radio The Disposessed par Ursula K. Le Guin. Les courtes histoires, se situant dans l'univers du jeu vidéo Nous Aurons, présentent beaucoup d'extraits musicaux créés par Antonio de Braga, collaborateur de longue date du projet.

Radio atelier

ÉVÉNEMENT : Les mains vides à Radio atelier
LIEU : CIBL 101,5, 2 Rue Sainte-Catherine E #201, Montréal
DATE : 9,15 mars et 13 avril.

25 sept. : Performance à VIVA!

Le feu et son double 2 ou Une performance qui serait de Francis Arguin, CIRCA, 2018.
Photo : Jean-Michael Seminaro

Sur invitation du comité de VIVA!, je présente à la soirée d'ouverture du festival, le 25 septembre, la performance Propositions pour quitter le sol 2 ou Une performance qui serait de Francis Arguin. Je profite de l'occasion pour clore un important cycle de quatre performances dans lequel je reprends et poursuis le travail en art performance de l'artiste Francis Arguin, qu'il a choisi d'interrompre il y a 10 ans au profit de sa pratique en sculpture. L'artiste intègre le processus de préparation, fournissant des archives et notes et fabriquant cette fois-ci des objets servant aux actions.

Le festival VIVA! porte un regard vaste sur les disciplines les plus vivantes de l’art action : performance, interventions publiques, art relationnel, infiltrations, etc. Lors de cette septième édition, plus de 20 artistes québécois, canadiens et internationaux présenteront une sélection d’œuvres originales aux Ateliers Jean Brillant, quartier général de VIVA!, et plus furtivement pendant toute la durée du festival sur les réseaux sociaux et dans l’espace public. Du subtil au spectaculaire, du politique au poétique, il y en aura pour tous les goûts!

Programmation complète

ÉVÉNEMENT : Performance à VIVA!
LIEU : Ateliers Jean-Brillant (661 Rose de Lima, H4C 1H6, Métro Lionel-Groulx)
DATE : 25 septembre (L'événement se déroule du 25 au 28 septembre)

30 août : Conférence au Lobe

La conférence sur les conférences (gratuit). Photo: Aaron Bass.

Le vendredi 30 août, je m'applique en toute excitation à commenter le passé et saborder les autres temps de verbe dans une 4e et dernière conférence de feu mon commissariat 2017-2019 TROP DE RÉALITÉ au Lobe, Chicoutimi, bilan de ma résidence de commissaire. Oyé Oyé pour Une deuxième conférence sur les conférences (gratuit). C'est le temps de passer le reste du gâteau aux bananes au nouveau commissaire Emmanuel Galland et pour ça, je garantis un "PowerPoint" mille-feuilles digne des coureurs de conférences compulsifs. Quand le futur n'est plus, les souris dansent!

Événement Facebook

ÉVÉNEMENT : Rentrée culturelle (Conférence Une deuxième conférence sur les conférences (gratuit))
LIEU :
Le Lobe, 114, Bossé, Chicoutimi
DATE : 30 août 2019, 17h

9 mars : Performance "Pecha-Kucha" au Cheval Blanc


Samedi le 9 mars, Hugo Nadeau se fait une joie de présenter, à travers une conférence de type "Pecha-Kucha", l'Édifice H. Nadeau pour la Poésie (du nom de feu mon grand-père Hervé Nadeau, amoureux de chevaux et de tronçonneuses). Il s'agit de sa combientième conférence professionnelle, alors souhaitons-lui bonne chance.

Événement Facebook

ÉVÉNEMENT : Conférence gratuite sur l'Édifice H. Nadeau pour la Poésie
LIEU : Le Cheval blanc, 809 rue Ontario est (métro Berri et Sherbrooke)
DATE : Samedi 9 mars, formule 5 à 7.



24 nov. 19h : Conférence au RINGO TALKS, St-Casimir

Photo : Jean Coulombe

La conférence sur les conférences (GRATUIT) ou
Pourquoi je choisis dès maintenant la carrière de conférencier professionnel!

Je présente une conférence qui commence à la base des bases et promet beaucoup pour l'avenir: "La conférence sur les conférences (GRATUIT)", ou peut-être: "Pourquoi je choisis dès maintenant la carrière de conférencier professionnel!".

Vous saurez TOUT de mes débuts (se déballant sous vos yeux) comme conférencier - et artiste - (encore : professionnel), PEU sur Jean-Marc Chaput (mon antïdole), PEU AUSSI sur Andy Kaufman (ma vraïdole), sûrs vous serez de sucer à même mes racines verbomotrices. Pour celles et ceux qui ont assisté à ma première conférence (encore et encore : professionnelle) au Symposium Congressiste de la Conférence de Colloque (SyCCC) 2018 : "Pistes et solutions contre le positivisme virtuel (d'après Annie Le Brun) dans les conférences québécoises, en particulier chez Jean-Marc Chaput", ce sera, encore une fois, gratuit et idéal pour les débutants (de la matière de votre choix).

Nous aurons le plaisir de sauter directement dans une variété de matières ayant la conférence comme matière, et plus particulièrement l'exposition INFLATE en cours au Lobe par le Cabinet de Fumisterie Appliquée. On parlera (si on a le temps), de ses nombreuses conférences (de presse) et autres bras d'honneur aux milieux professionnels. C'est un rendez-vous, et une somme de rendez-vous pour l'AVENIR. Merci au RINGO TALKS (qui débuteront sous vos yeux), merci à Aaron Bass. Souriez, vous êtes POSITIFS !

Événement Facebook.

ÉVÉNEMENT : Conférence "La conférence sur les conférences (GRATUIT)"
LIEU : Café Ringo, 175 rue Tessier Est, Saint-Casimir
DATE : 24 novembre, 19h

Œuvres de bon comme de mauvais goût au LOBE

Un article d'Antonio Larios

Le Cabinet de Fumisterie Appliquée au travail

Pour trois semaines seulement, nous pouvons admirer l'exposition de performances du Cabinet de Fumisterie Appliquée, un duo qui a débarqué de France sans rien apporter. Elles ont créé leur ambitieuse œuvre au fur et à mesure à l'aide de déchets et de boues, avec plusieurs citoyens de Chicoutimi.

Dans un des nombreux terrains vagues de la ville, les deux artistes du Cabinet étaient accompagnées d’Hugo Nadeau, de l'équipe du LOBE, qui a partagé les détails de l’événement intérieur qui a lieu dans un demi-sous-sol. L'exposition, pensée dans tous ses détails par le commissaire, s’annonce unique en son genre. En effet, l’œuvre ne fait pas que faire participer les citoyens de Chicoutimi, mais aussi une bande de chiens qui habitent la galerie. Cet ajout pour le moins inusité (comme un chien dans un jeu de quilles) est inspiré d'une performance de poules à la galerie Folie/culture il y a quelques années.

La rencontre de ces artistes est due à Hugo Nadeau, qui les a choisies pour être en résidence au LOBE pendant trois semaines seulement afin de voir ce qu’elles allaient créer ensemble. « Elles aiment travailler à partir de qu'elles trouvent sur place », a expliqué le commissaire. Il voulait voir comment allaient collaborer ces deux artistes qui, selon lui, se complétaient.


Marijuana et champignon magique

« De bonne guerre à cette période de légalisation »,  le commissaire offre un espace fumeur déjà rempli de fumée dans la galerie, que le public pourra utiliser à sa guise.

Le duo du Cabinet de Fumisterie Appliquée se chargera quant à lui du buffet de la soirée, dans lequel on promet des champignons vénéneux qui peuvent causer des diarrhées parmi le public. Le commissaire ne semblait par contre pas sûr de comment il prévoyait gérer cette cascade d'empoisonnements alimentaires.

« Le duo du Cabinet de Fumisterie Appliquée se chargera quand à lui du buffet de la soirée, dans lequel on promet des champignons vénéneux qui peuvent causer des diarrhées parmi le public. »


Une conférence de presse hors de l'ordinaire

Le LOBE n'a pas peur de sortir des sentiers battus et a choisi d'accueillir les journalistes dans un terrain vague, espérant recréer une expérience apocalyptique que, d'ailleurs, je n’oublierai pas de sitôt. Les artistes tiennent beaucoup à ce que les gens viennent à l’événement, et veulent apporter le public dans une ambiance de création  « qui ne veut pas arrêter ». Elles continuaient même à travailler sur leur exposition au milieu du terrain, où on pouvait les voir jouer avec des « matières molles alimentaires » qu'on retrouvera dans l'exposition, semblables à celles qu'elles ont dû manger dans la galerie avec le commissaire pendant la résidence, nous a-t-on confié.



Plusieurs journalistes s'étaient déplacé à la conférence de presse de l'événement, qui semble-t-il n'était pas la première.

Des thèmes pour tous les goûts

Il ne faut pas être un expert en la matière pour apprécier ce type de performances, qui, c'est le moins que l'on puisse dire, offre des œuvres pour tous les goûts, des plus simples aux plus controversées. L'exposition porte même six titres et plusieurs thèmes, comme la création, les fantasmes, l'apocalypse et la pauvreté.  Les artistes tenaient à souligner que tout le monde peut apprécier les projets. « Souvent, on a une perception de l’art actuel qui est très exigeante. On pense qu’il faut être connaisseur pour y aller. Les pièces que l’on présente sont très accessibles, et sont une belle initiation à cet univers-là », a affirmé le commissaire.

La résidence est présentée jusqu’au 23 novembre au centre d’artistes Le LOBE.

Antonio Larios

15 sept. : Performance au FAPTR

Francis Arguin - Le feu et son double, 2006 (Photo : Artur Tajber)


Samedi le 15 septembre à 19h30, je présente la performance Le feu et son double III ou Une performance qui serait de Francis Arguin au Festival d'art performatif de Trois-Rivières. Le festival se déroule les 15 et 16 septembre. Cette série d'actions est une honnête tentative de prolonger la pratique performative de Francis Arguin à travers une troisième et nouvelle performance.

Quelle est ma part légitime de la vie des autres? Mon origine se déplace avec moi. Subjective, personnelle, une génération grosse comme ma main: Francis Arguin, Christian Messier, Francis O’Shaughnessy, Vicky Sabourin, Julie Andrée T.

Qui est l’ancêtre de qui? Dans le monde parfaitement horizontal, l’autorité est l’outil plate (ou étoilé) qu’on se passe de main en main.

Quelle performance n’a jamais changé de visage? Permettez-moi d’employer cette technique ancestrale, le « de ». Redorez-moi ce verbe qui a mal vieillit: cannibaliser. Fondez-moi un mouvement, appelons-le l’International factice qui prolongera les pratiques hors de ses corps et hors de ses vérités.



Artistes : Isabelle Clermont, Sébastien Goyette Cournoyer (Trois-Rivières), Christine Brault, Tatiana Koroleva, Alegría Lemay-Gobeil, Hugo Nadeau, Francis O’Shaughnessy (Montréal), Roger Langevin (Chicoutimi), Guillaume Dufour Morin (Rimouski)
Commissaires :
Isabelle Clermont et Sébastien Goyette Cournoyer

Le Festival d’art performatif de Trois-Rivières (FAPTR) a été fondé en 2017, suite à une collaboration entre Isabelle Clermont et Sébastien Goyette Cournoyer. L’idée de créer ce festival est née d’un désir commun des deux artistes, de partager leur passion pour l’art performance dans un contexte accessible, convivial et non-institutionnel.

En savoir plus

Événement Facebook

ÉVÉNEMENT : Le feu et son double III ou Une performance qui serait de Francis Arguin, performance au FAPTR
LIEU : Chic Camping Bureau, 631 Rue Bureau, Trois-Rivières, G9A 2N2
DATE : 15-16 septembre 19h30

Notre part de critique : de cette malaisante thématique

Un texte de l’International factice



Jack Smith et Tony Conrad, protestant devant le Museum of Modern Art de New York, février 1963.

Un sommet désastreux est en cours dans la région de Charlevoix : le G7. Des millions (un petit demi-milliard?) en fonds public ont été investis pour la bonne tenue de ce haut moment de la gouvernance et du contrôle étatique. Enfin, une petite poignée de présidents et (une bien plus petite poignée) de présidentes sont attablé.e.s pour discuter notamment de l’égalité des sexes, de la diversité et de l’inclusion. À quelques jours de cet achat du pipeline Trans Mountain par Ottawa, les convives du G7 discutent notamment des changements climatiques. On leur souhaite de bonnes discussions, je suppose, dans leur tour recluse à l’abri de tous et toutes à la Malbaie, dans Charlevoix. Cela dit, non loin, le 36e Symposium international d’art contemporain de Baie-Saint-Paul prend son envol sur la thématique de L’art et le politique.

[…] [O]n s’accroche aussi et surtout à ce moment privilégié, disons-nous, de la haute affluence touristique que le sommet (voir Baie-Saint-Paul tout court) produit dans la région.


La thématique, brillamment amenée par la commissaire de l’événement, met la table :

Au G7, il aura été question, entre autres, de « faire avancer l’égalité des sexes, de lutter contre les changements climatiques et de promouvoir le respect de la diversité et de l’inclusion ». Qu’en retiendra-t-on vraiment quelques semaines plus tard ? Les Chefs d’État les plus puissants d’aujourd’hui sont-ils prêts à s’engager véritablement dans la résolution de ces enjeux majeurs ? (Lacerte, https://symposiumbsp.com)

Ainsi, on tente de contester l’impact et la portée de ce G7 sur un ton, bien évidemment, sceptique. Évidemment puisque l’inverse aurait été de mauvais ton, à tout le moins parmi la communauté artistique. Ce ton apparaît tel un quasi-dogme pour bien être perçu.e d’une certaine trame, d’une certaine étoffe, d’une certaine posture : la nécessaire et obligatoire critique politique en art. Bien que fondamentale, cette critique, la thématique du symposium n’y est pour pas grand-chose puisque, dans les mots mêmes de Lacerte citant Stiegler, « [l]’art est politique : l’esthétique est politique et le politique est esthétique » (https://symposiumbsp.com). On en comprend que tout et n’importe quoi peuvent se réclamer du grand perchoir politique, en autant que ce soit dit tout haut. On en comprend bien sûr aussi, à l’inverse, que sans cette thématique, l’art présent au symposium aurait été politique de toute façon. Mais écartons ce dernier point communément entendu puisqu’il ne touche pas le fond de la question : de quelle posture politique fait-on référence au symposium? On tente d’émettre une certaine critique du G7, mais on s’accroche aussi et surtout à ce moment privilégié, disons-nous, de la haute affluence touristique que le sommet (voir Baie-Saint-Paul tout court) produit dans la région et toute l’effervescence économique qu’il apporte.

[…] C’est parce que l’artiste qui critique ce système en est contraint à ce système, qu’il reproduit et opère dans ce système en plus d’être le produit de ce système dont il voudrait en faire une critique.


C’est là que le malaise prend forme. C’est parce que l’artiste qui critique ce système en est contraint à ce système, qu’il reproduit et opère dans ce système en plus d’être le produit de ce système dont il voudrait en faire une critique. Boucle bouclée, dira-t-on, et les événements canonisés seront légitimés sous le couvert de la bienfaisance et de la participation citoyenne, vêtues de leur apparat politique critique. On se sentira donc à l’aise de profiter de ce sommet pour faire du pouce sur les vagues et la gronde que le G7 produit pour, en somme, fomenter une thématique gagnante. Alors que tout le monde regarde ce qui se passe au Canada et, qui plus est, dans la région de Charlevoix, profitons-en pour projeter de la lumière sur le SIACBSP. Néolibéralisme oblige, on profitera bien sûr de ce moment pour engranger capital symbolique et tout autre capital en vue. Si la logique du marché s’étend partout, l’art, tout autant que l’art politique, n’en est pas à l’abri. Bien loin, bien bien loin de là, hors portée, le système de l’art présentera une certaine posture politique non-militante et inexorablement diluée dans le miasme d’être obligatoirement critique en art. Ainsi, cette thématique (régulée comme tout le reste par une présélection), seul lieu visible pour des artistes de se montrer critique, rappelle cruellement l’« espace de libre expression » (ironiquement nommé) réservé aux manifestants anti-G7 – simple moyen de contrôle pour contenir tous les débordements. L’International factice se pose alors aussi la question : « qu’en retiendra-t-on vraiment quelques semaines plus tard, de ce symposium? »


[…] [B]raver cette barricade imaginaire, érigée pour l’occasion du symposium, où il sera permis de tirer Molotov et brique uniquement si elles sont peintes ou déposées sur un socle.


Des artistes présentés (qu’on félicite d’ailleurs d’avoir passé le tamis de la radicalité) il est évident que la conviction en amont à tout ceci est motivée par des pensées critiques bien réelles. Mais le jugement de ceux-là n’intéresse aucunement. Nos potentiels camarades artistes devront braver cette barricade imaginaire, érigée pour l’occasion du symposium, où il sera permis de tirer Molotov et brique uniquement si elles sont peintes ou déposées sur un socle. S’ils ne sont pas bien sûr trop occupés à s’arracher le « prix du public ». C'est peut-être là le contrôle qu'effectue cette thématique : représenter ce genre de critique pour la cerner et la contrôler d’emblée. Ce qui sera présenté sera indubitablement politique, puisque subjectivé comme tel. On procédera donc de cette division politique inévitable, d’un côté la classe politique, et de l’autre, les sujets de cette politique. Ce qui est déplorable, c’est que l’événement apparaît telle une médiation de cette division; comme si ce sommet haut en couleur valait qu’on le peigne sur le motif. Cette médiation, c’est davantage un aveu d’impuissance qu’une réelle posture. Elle fait naître en nous cette question élémentaire à laquelle on doute fort qu’elle arrive à réponde : qu’est-ce qu’un acte politique? Dans ce carré de sable de l’agir politique en art – contrôlé, étiqueté comme tel –, il est invariablement et encore nécessaire pour le pouvoir en place que peu d’agir de telle sorte prenne forme.

[…] [N]ous aurions voulu voir faire grève ce symposium […]


Ainsi, dans un élan fantasmant une réelle portée critique de nos institutions artistiques, nous aurions voulu voir faire grève ce symposium pour l’occasion du G7. Une déclaration fédératrice, prenante et manifestement politique aurait ainsi pu prendre forme. C’est raté. À défaut, on en a fait un thème. Et comme tout festival se doit d’avoir son OFF, un Pas-symposium pas-international d’art pas-contemporain de pas-Baie-Saint-Paul ferait quand même une belle consolation.

Devant la reconduction ad vitam æternam, ad nauseam d’une unique façon de diffuser de l’art, et malgré la présence du G7, on ne terminera pas ce texte sur un « on se voit dans la rue », puisque cette rue positive à souhait sera bondée de touristes et de sympathisants de l’art comblés. Terminons donc sur : bon G7 et bon 36e symposium!

L’International factice

Dialogue avec l'architecte de l'exposition I'm too many to tell you

Dialogue avec l'architecte, 14e artiste de l'exposition I'm too many to tell you présentée au Lobe du 30 mars au 20 avril 2018 par Bianca, Consuelo Ramos, Dom Cobb, Eliza, Léolo Lozone, Ludvigo, Malevitch, Morpheus, ███ ███ ███, Thomas A. Anderson, Trinity, Xav BD et Yorick.



Image d'Anonymus tirée d'Internet.
HN : Tout d'abord, pourquoi l'architecte?


ARCHITECTE (L’) : L’étymologie grecque du mot architecte désigne « le maître constructeur ». C’est comment, de manière voisine, je considère ma pratique. Un peu tel un chef d’orchestre, celui qui a élaboré le subterfuge, la confusion où le regardeur s’y retrouve détective. En plus, spécifiquement pour I’m too many to tell you, l’architecte est présent dans deux des œuvres cinématographiques où j’ai puisé pour constituer l’intrigue. Ces films, ce sont Inception et la trilogie Matrix. Dans le premier cas, l’architecte, au nom d’Ariane, dessine le rêve pour que, lors de son partage, le rêveur ne soit pas capable de distinguer aisément le vrai du faux, le réel du rêve. Dans le second cas, l’architecte (qui se suffit au simple nom de « l’architecte ») c’est celui qui a élaboré la Matrice, ce programme qui aurait enfermé les humains dans l’illusion d’un monde qui leur est constamment projeté. Dans certains cas, l’art m’apparaît opérer de cette sorte, telle une projection d’un « architecte » destiné à quelqu’un d’autre.


HN : On se doute que le titre I'm too many to tell you fait référence à l'artiste Bas Jan Ader. Mais pour quelle raison?


ARCHITECTE (L’) : Dans ma pratique, j’utilise souvent ce que j’appelle la complexification. Cette complexification prend souvent la forme de pistes multiples pour y saisir quelque chose dans ma proposition. La référence à Bas Jan Ader est pour moi assez intéressante. De fait, sa disparition, lors de son dernier projet, a consisté à se rendre en petit bateau, en provenance du Massachusetts, sur la rive anglaise par la voie de l’océan. La fin tragique de cette œuvre a mis à terme la pratique de l’artiste, mais a surtout rendu manifeste quelque chose de fort important dans la pratique d’Ader, l’aspect affectif orbitant autour de la disparition. De fait, la disparition de l’artiste, en tant que tel, m’apparaît tel le dénominateur de ma pratique. Pour cette exposition, la stratégie de la complexification, notamment, fut utilisée de cette sorte.


HN : Tu utilises souvent la stratégie de la complexification, la persona et le mensonge pour tromper l'attribution à un auteur et constituer un récit fautif. Comment as-tu opéré durant la résidence pour rester cohérent avec ta démarche habituelle d'artiste?


ARCHITECTE (L’) : Tel que mentionné, le titre en est un exemple probant. En plus, chaque œuvre faisait référence à une persona, tantôt réelle, mais voilée derrière un pseudonyme, tantôt tel un prolongement posthume, tantôt telle une référence à des personnages de la littérature ou du cinéma. La suraccumulation d’attributions à diverses personas m’a permis de réduire l’importance de ce « je artiste » qui a préparé en solo l’exposition. En plus, les propositions esthétiques, en tant que telles, étaient des objets qui auraient pu faire office de réelles œuvres produites par ces personas. Effectivement, j’ai tenté de me verser dans ces personas pour en produire des œuvres cohérentes avec ce qu’ils et elles sont; un peu comme s'ils.elles étaient tous et toutes artistes.


HN : Est-ce la première fois que tu travailles avec un collectif d'artistes? Comment s'est opéré le choix de ces artistes? Sont-ils.elles tous et toutes de simples prête-noms? À quel point l'anonymat était nécessaire pour leur contribution?


ARCHITECTE (L’) : J’ai sélectionné ces personas pour faire un métissage entre plusieurs œuvres plus ou moins populaires de la littérature, de la musique, du cinéma. Ces personas m’ont permis d’ouvrir un dialogue entre les réflexions soutenues par leur lieu d’origine, en l’occurrence, leur film, leur livre, etc. Bien que c’était pour moi la première fois que j’agissais sous le voile d’un collectif d’artistes, les choses s’imposaient ainsi pour cette exposition. Pour la majorité des personas, je les ai sélectionnés en raison de leur relation avec ce qui est sous-jacent à ta thématique commissariale : Trop de réalité. De fait, le dialogue entre digital/réalité, rêve/réalité, folie/réalité ou, tout simple, cette étrange division art/vie furent mes critères de sélection de ces artistes fictionnel.le.s. Dans quelques cas, de « vrais artistes » ont collaboré à ma proposition. L’anonymat et le pseudonyme furent utilisés pour voiler leur identité. Cette stratégie était importante pour tenter de déjouer l’attribution de cette exposition à un auteur, quel qu'il soit.


HN : Quelle est la part de vérité et de mensonge dans le projet? Comment conjuguer l'éthique d'avoir une pratique post-factuelle? Est-ce que l'exposition t'a amenée à vouloir approfondir ces idées différemment plus tard?


ARCHITECTE (L’) : Cette distinction moraliste entre mensonge et vérité m’est toujours apparue étrange en art. De fait, la fiction est capable, tout autant que d’autres stratégies opérationnelles, de faire circuler de la pensée. Pour moi, il n’y a pas de hiérarchie dans ces modes d’opérations. Là où c’est glissant, c’est au niveau de l’éthique de cette opération. De fait, introduire des choses factuelles en art, en usant souvent de prête-noms, c’est l’œuvre d’un certain résidu potentiellement colonial, potentiellement appropriationniste. Ainsi, conjuguer tout ça n’est pas sans reconduire ce référent qui génère souffrances et bien plus. Cela dit, je m’approprie principalement des artistes historiques – qui sont caractérisés, d’une certaine manière, par une distance entre leur signature et leur existence. Lorsqu’ils et elles ne sont pas des artistes historiques, je m’assure d’une étroite collaboration horizontale, pour ne pas tomber dans un piège que je me refuse à émuler. Ce piège, c’est ce qui se dresse devant nous lorsqu’une pratique carriériste prend le dessus au milieu de ce type de démarche; le piège de « réussir en art » sur le dos d’autrui, en s’agrippant à la signature ce ceux et celles qui ont déjà ou tentent de réussir. Actuellement, je suis intéressé à prolonger, de manière factice, des pratiques posthumes ou à « la manière de » dans le but de complexifier l’attribution à un auteur et reconstituer un récit factice de l’art. Cette recherche s’exercera avec des collaborateurs et collaboratrices qui s’évertueront à échanger leurs noms, tout autant qu’à s’approprier le nom d’artistes qui ont trépassé, agissant sous l’égide de l’International factice. Encore embryonnaire, ce projet m’apparaît tel un terreau fertile où ce constituera de la communauté. De la communauté, puisque c’est encore là ce lieu dont il nous faut pour faire circuler ce type de pensée. Effectivement, avec cette démarche, il faut savoir s’établir dans ce type de cercle puisqu’autrement, on se radie du champ que l’on conteste.


HN : Dans l'histoire de l'iconographie religieuse, l'anonymat était de mise (par exemple pour les commandes visuelles, les décorations d'églises, les planches Icônes). Est-ce que l'intégration de références religieuses vise à souligner cette tradition?


ARCHITECTE (L’) :Le moment du vernissage (Vendredi saint) n’est qu’une coïncidence heureuse. Malgré tout, j’apprécie l’iconographie religieuse et le texte de la Bible. Bien que je me considère comme un athée non militant, la lecture du récit biblique est un terreau fertile pour des réflexions sur l’anonymat. De fait, la plupart des représentations visuelles et plastiques non signées sont souvent liées au texte religieux. En plus, le démon Légion, comme sujet d’une de mes propositions esthétiques de l’exposition, m’apparaît tel une histoire intéressante pour rendre compte de ce dont nous sommes constitués, un « je » qui est « plus qu’un ».


HN : Nous savons que Mr. Smith faisait partie des artistes invités (c'était d'abord lui, le 14e artiste), qu'il a quitté le huis clos par divergence d'opinions et qu'il a ensuite voulu s'exprimer par un texte assez acerbe au vernissage. Peux-tu nous raconter l'histoire de Mr. Smith, la raison de ce nom et la part qu'il a jouée dans l'exposition?


ARCHITECTE (L’) : Mr. Smith, c’est un peu le cynique du groupe. Il trouvait, à l'évidence, que la proposition ne lui convenait pas. J’ai pensé introduire Smith dans le collectif puisqu’il y manquait un agent perturbateur, quelqu'un qui sait en amont que l’exposition n’est que subterfuge. Mr. Smith est originaire de Matrix le film, c’est l'antagoniste du Jésus Néo dans la trilogie. Smith, c’est aussi lui qui, un peu tels le bien et le mal, complète la réflexion de Néo pour que l’élu soit réintroduit à la source et atomise l’illusion, la Matrice. Mais c’est surtout celui qui fait rapidement comprendre au regardeur, du film ou de l’exposition, que ce qui cloche doit être complété. J’ai ainsi convoqué Smith pour que le regardeur soit rapidement mis dans une posture de détective. Smith interpelle directement les gens présents au vernissage pour qu’ils et elles cherchent ce qui (ou celui qui) se cache derrière cette histoire tissée de fils blancs. Mais c’est aussi l’occasion d’émettre un commentaire sur l’exposition et l’art en tant que tel. De fait, Smith énonce, par son texte lors du vernissage :


Je hais cette exposition, cet art, cette prison, cette réalité, peu importe comment vous la nommez. […] Si ces intrigues existent, je suis envahi, cerné par cette machination. Je sens d’ici vos questionnements, et toutes les deux minutes j’avoue que j’ai peur d’en être infecté tellement ceci me répugne.


Par ce texte, je rends compte rapidement qu’une « machination » et une « intrigue » lient la totalité des propositions. Ainsi, par les noms des artistes fictionnels, par le titre de l’exposition et par le texte relégué par Mr. Smith au vernissage, j’établis les règles du jeu : une intrigue vous est présentée et, pour saisir la portée de l’exposition, il faut devenir détective-regardeur.


HN : Est-ce une pure coïncidence si Anonymus a piraté le site Web du Lobe durant la présentation de l'exposition? Qu'est-ce que cette intervention a eu comme conséquence sur le message porté par l'exposition? Crois-tu que le public y a vu une connexion possible à l'exposition?


ARCHITECTE (L’) : J’aimais l’idée qu’Anonymus attaque le monde de l’art. Ce n’est pas tant Le Lobe, plutôt l’idée de diffuser de l’art sur un site Web voué à faire circuler davantage d’images, en ce lieu où plus rien n’est (ou ne devrait être) à personne : Internet. De fait, je suis assez peu friand de l’utilisation que l’on fait d’Internet en ce qui a trait à l’art. Pour moi, on devient sujet assez rapidement de ce dispositif qu’est Internet puisque l’on contribue à la numérisation de notre vie sans repenser notre « être en ligne ». Plusieurs projets se retrouvent sur Internet sans qu'il y ait eu réflexion sur sa manière de les médiatiser. Quant à I’m too many to tell you, je crois qu’il était nécessaire de reconduire la stratégie de la complexification, de la persona et de l’anonymat en ce lieu de médiatisation. Ça, c’est ce qui a motivé la présence d’Anonymus dans le projet. Je crois que ça a rendu manifeste le paradoxe entre images d’exposition et exposition, en rejouant sur la thématique commissariale.


HN : Qu'a de particulier ta pratique en relation à, disons, des artistes anonymes plus populaires ou vedettes comme Banksy?


ARCHITECTE (L’) : Bon, la question qui tue. Selon moi, Banksy est vraiment emmerdant.e. Si l’anonymat, l’incognito, la disparition sont des lieux de recherche intéressants pour moi et pour plusieurs d’entre nous qui évitent encore le radar de l’Histoire de l’art, ça l’est tout autant pour le capitaliste et ces charlatans-spéculateurs comme Banksy et Damien Hirst (par sa fausse mort simulée sur Wikipédia notamment). Si l’anonymat m’est cher, c’est puisqu’il tente une soustraction au regard étatique, patriarcal, capitaliste et hétérosexiste. Cela dit, à l’ère du néolibéralisme, tout et son contraire sont sujets à souffrir de la logique du marché et, à terme, devenir pure marchandise. Selon moi, Banksy a échoué dès le moment de sa réussite. Il aurait tôt fait de changer de nom ou de pratique pour qu’on reconnaisse que sa pratique embrasse encore l’anonymat. J’observe Banksy au même titre que je regarde autre chose dans le monde de la marchandise : un logo. De fait, si plus haut j’ai évoqué l’importance de circuler parmi un cercle restreint, c’est peut-être pour ne pas tomber dans le piège Banksy. Être connu, et non pas reconnu, par des gens qui ont une perception conjointe sur la présence de l’anonymat en art, articuler éthiquement et offensivement, tel est mon lieu d’émergence et de circulation de pensée. Autrement, on tombe dans un devenir avatar, un genre de persona de nous-mêmes, qui m’apparaît anéantir les prémices riches qui auraient pu motiver ce type de pratique sur l'anonymat.


HN : Pourquoi chercher à rendre plus difficile l'attribution d'un projet à un.e auteur? Pourquoi s'interposer par une sorte de fumisterie dans la transmission du.des sens porté.s par le projet? Pourquoi ne pas faire la belle vie à la bonne vieille médiation culturelle?


ARCHITECTE (L’) : Sous l’impérialisme du regard, où tout corps se doit d’être identifiable, catégorisable et ultimement contrôlable, je crois qu’il en va de notre survie de tenter de n’être personne. Ainsi, je suis persuadé que, par l’attribution difficile de mes projets à un.e auteur.e, je suis en mesure d’éviter la responsabilité intrinsèque à cette attribution. De fait, tenter d’éviter cette responsabilité, c’est promouvoir un art qui se déploie dans la rumeur et la suspicion. Ça simule l’effet paranoïaque du système productivo-sécuritaire de notre société en déplaçant les rôles. Le dispositif sociétal et ceux et celles qui le supportent deviennent l’administration artistique. Le sujet de la société devient le sujet de l’administration artistique. Un choix se dresse potentiellement dans la posture du regardeur : soit on attribue une importance à la signature, à celui identifiable qui serait l’artiste, soit on considère cette démarche intacte ou sauve par la non-attribution à son auteur.e. Par cette deuxième approche, on réussira, peut-être, à rompre le fait que c’est l’être qui est le produit et le producteur d’un système qui l’assujettit. En l’occurrence, c’est l’artiste qui est le produit et le producteur du monde de l’art qui le contraint à opérer selon les normes de ce système. Mais là, encore, je dis peut-être quelque chose qui est théoriquement entendu par plus d’un, mais dont la part dans la pratique est défaillante. De fait, on comprendra l’espace immense qui sépare cette théorie de l’anonymat et cette pratique de l’anonymat, ce qui converge inexorablement vers une pratique extrêmement paradoxale et quasi inconséquente. Mea culpa. Ah oui, j’ai omis volontairement la portion sur la médiation culturelle puisqu’il n’y a pas toutes les pratiques qui peuvent circuler par ce type d’opération canonique. Elle ne devrait pas, la médiation culturelle, devenir une quelconque mesure pour qualifier ce qui est valable en art. Certaines pratiques circulent comme ça, d’autres ne le peuvent pas. Ne pas entendre cette impossibilité, c’est s’attaquer à des pratiques pouvant prêcher la manœuvre, l’art/vie, l’infiltration et l’invisible.


HN : À quel point est-il crucial, nécessaire, voulu de révéler la part cachée d'un tel projet? Autant ou même plus qu'il est nécessaire d'en cacher des éléments?


ARCHITECTE (L’) : Paradoxalement, dévoiler la part voilée d’un projet, tout autant qu’en voiler d’autres parts, c’est ce lieu constitutif de ma démarche. Je vois ça un peu tel un jeu d’opacité et de transparence qui engage le regardeur dans une intrigue. Pour moi, à l’ère du tout numérisé, à l’ère de la politique spectacle et du contrôle de l’information par le mass media, ce dialogue entre opacité et transparence est toujours à l’œuvre. En faire l’une de mes prémices, c’est assurément dans le but de comprendre les rouages de ces deux faces d’une même pièce, un peu pour m’approprier cette chose pour tenter de disparaître auprès de certain.e.s et apparaître auprès d’autres. C’est une politique de l’ami et de l’ennemi, du clinamen et du penchant, puisque c’est d’abord en raison d’une ouverture au collectif que je tente de dresser une frontière pour nous permettre d’être exempts d’un assujettissement extérieur. Lors d’un colloque dans lequel j’ai présenté une performance, le dernier conférencier disait : « Retournons dans nos grottes et laissons passer les barbares ». J’ai un peu envie de dire : « l’ami, faisons de ces grottes des espaces de résonance dont nous avons besoin pour vivre ». Puisque c’est bien de cela dont je parle : une planque, une oasis cachée pour plus d’un, pour être et être en résonance avec d’autres, puisqu’il y a quelque chose d’intrinsèquement inégal dans le fait d’être exposé en art ou dans tout autre dispositif sociétal. Bien que je sais vraisemblablement que les gens marginalisés (je pense ici aux femmes, aux personnes trans, homosexuelles, intersexuées, de couleur, pauvres, autochtones, aux personnes avec un handicap) peuvent vouloir chercher la visibilisation, c’est l’aspect systémique du binarisme invisibilisation/visibilisation qui est à critiquer. De fait, la pensée de la présence dans le monde de l'art n’est qu’un luxe pour ceux et celles qui savent déjà qu’ils et elles sont visibles, qui existent. Leur disparition – bien qu’extrêmement rare – m’apparaît symptomatique d’une critique du régime de la visibilité.


HN : Merci, merci, merci, merci... Pour finir, peux-tu nous dire quel commentaire cette exposition adresse-t-elle à l'art?


ARCHITECTE (L’) : Je décris souvent ma pratique comme étant administrative-based, puisqu’elle prend l’administration de l’art comme étant la chose à manoeuvrer, à performer. Ainsi, je crois que toute ma pratique est une pratique d’art instituée pour l’art institué, dans une perspective critique – je l’espère. Effectivement, j’œuvre exactement en ce lieu que je décrie. Ça me permet un dialogue de proximité avec les personnes concernées et que j’apprécie. L’intervention d’une personne en cagoule lors du vernissage – dans une itération de l’action d’Alexander Brener et auprès d’un pastiche de Malevitch – témoigne de ce dialogue avec l’art institué. Je vois un peu toute l’Histoire de l’art tel un récit fictionnel, qui recode et décode ce qu’il veut bien, émettant et contrôlant le commentaire de l’art d’une certaine époque. Pour moi, constituer et rejouer ces références historiques m’apparaît tel un moyen efficace pour soulever certaines choses qui m’apparaissent importantes. En ce qui a trait à l’action de Brener itéré lors du vernissage, il s'agit peut-être de rendre manifeste le dialogue entre spéculations marchandes/objet fabriqué. Soulever ce dialogue permet de rendre compte de certaines choses sans pour autant clairement émettre une critique rigide de cette chose. Force est de constater qu’articuler visibilisation et invisibilisation est mon dada.

ÉVÉNEMENT : Exposition I'm too many to tell you
LIEU : Le Lobe, 114, Bossé, Chicoutimi
DATE : Du 10 mai au 7 juin 2013

Fanzine Trop de réalité


C’est après une désaffectation de près de 20 ans du milieu artistique que je reviens sur la scène publique. Après un si grand fossé temporel, j’affronte mes démons.

Pour se donner une image de ce trop de réalité dont parlait Annie Le Brun, tentons d’abord de rassembler les idées qu’on s’en fait. Et si elles s’avéraient moins contradictoires qu’on le pense? Fraîches, riches, grouillantes d’expériences qui nous connaissent? Et si on y trouvait des cavernes, des nœuds souterrains, des armes cachées en grand nombre? Une faille, un potentiel, capables de nous retourner comme la peau d’un lapin? Le fanzine Trop de réalité est un exercice de voisinage de 117 auteurs, désarmants d’honnêteté derrière leur grand masque-bouclier collectif.  Un cadeau de tout le monde à tout le monde, un premier rapport d’espionnage.

Trop de réalité
, éditions Boucane, 2018, 136 pages. ISBN (d’emprunt) 978-2-07-031495-9
Plus d'informations

ÉVÉNEMENT : Fanzine Trop de réalité.
LANCEMENT (CHICOUTIMI) : 25 mai, 17h au Lobe, 114, Bossé, Chicoutimi.
LANCEMENT (MONTRÉAL) : 26-27 mai au Salon du livre anarchiste de Montréal, au Centre d’éducation populaire de la Petite-Bourgogne et de St-Henri (CEDA), 2515 rue Delisle.

9 juin 15h : Performance à Circa.

Francis Arguin - Le feu et son double, 2006 (Photo : Artur Tajber)


Samedi le 9 juin à 15h, je présente la performance Le feu et son double II ou Une performance qui serait de Francis Arguin à CIRCA. Cette série d'actions est une honnête tentative de prolonger la pratique performative de Francis Arguin à travers une nouvelle performance.

« Je nous souhaite d’user nos corps à la corde, je veux nous voir la langue à terre d’être tellement libres, des plasters sur les genoux d’être tellement excités, trop pressés, les joues sanguines, le cœur haut dans les airs.
Je nous souhaite d’être ces obélisques intacts dressés au milieu des villes et autour desquels on crée de grandes places pour se rassembler. Ces monuments élevés qui ponctuent nos allers-retours, ces points de repère fiables où nous nous donnons rendez-vous à n’importe quel moment de la journée et contre lesquels nous nous appuyons pour frencher au soleil. »
- Je serai un territoire fier et tu déposeras tes meubles, Steve Gagnon
Qui est l’ancêtre de qui? Dans le monde parfaitement horizontal, l’autorité est l’outil plate (ou étoilé) qu’on se passe de main en main.

Qu’elle est ma part légitime de la vie des autres? Mon origine se déplace avec moi. Subjective, personnelle, une génération grosse comme ma main: Francis Arguin, Christian Messier, Francis O’Shaughnessy, Vicky Sabourin, Julie Andrée T.

Quelle performance n’a jamais changé de visage? Permettez-moi d’employer cette technique ancestrale, le « de ». Redorez-moi ce verbe qui a mal vieillit: cannibaliser. Fondez-moi un mouvement, appelons-le l’International factice qui prolongera les pratiques hors de ses corps et hors de ses vérités.

Croquis de la Montagne de feu par Francis Arguin

Présentation par la commissaire, Janick Burn : 

Cette programmation s’est amorcée comme une archéologie performative du milieu du CIRCA art actuel, des pratiques artistiques gravitant autour de celui-ci et, plus particulièrement, de celles des performeuses et du performeur prenant part à ce trentième anniversaire. Dans cette perspective, il a d’abord été nécessaire de s’interroger sur les conditions d’apparition de ce milieu et de ces pratiques.

Selon la philosophe Hannah Arendt, l’action est la faculté de commencer. L’action – dont l’avenir est inconnu – donne naissance à la communauté qui existe tant que nous agissons. Si elle cesse, la communauté s’éteint, pouvant ensuite renaître sous de nouvelles configurations. Nous sommes donc là à sans cesse agir, à recommencer et à refaire œuvre. Par ce fait même, les traces de l’origine singulière sont brouillées parmi le pluriel de commencements qui créent du nouveau à chaque pas.

Se pencher sur l’action, sur le commencement, c’est aussi se confronter aux motifs récurrents, aux cycles qui se perpétuent; à la volonté de les affirmer en les conservant ou encore de les renverser en les transformant.

S'est ainsi développée une réflexion à propos du temps. L’exercice de souligner un anniversaire implique de se saisir d’un passé afin de l’engager dans un présent. Mais ce présent s’éloigne imperceptiblement, devenant passé aussitôt qu’il est vécu. Dès lors, les récits de l’avant et du maintenant, du différé et de l’instantané, se superposent.

Les artistes investissent donc ces conditions : Sophie Castonguay avec le poids de la parole qui habite nos corps, Jean-Sébastien Vague avec les espaces peu accessibles qui accueillent la poussière et Hugo Nadeau avec une appropriation des disparitions influentes.

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ÉVÉNEMENT : Le feu et son double II ou Une performance qui serait de Francis Arguin, performance à CIRCA
LIEU : 372, rue Ste-Catherine Ouest, Montréal - Espace 444
DATE : 9 juin 15h


HNLPA (Ligue Hugo Nadeau pour Artistes Professionnels / Hugo Nadeau League Pro Artists). Association publique qui représente les intérêts des artistes de la Ligue Hugo Nadeau. Toute personne qui conçoit, organise ou intègre des projets en compagnie d'Hugo Nadeau en fait partie.